Qu'est-ce que la dissidence ? La réponse de Ludmila Oulitskaïa

Il y a une semaine se terminait Le Salon du livre de Paris et sa riche programmation autour de la littérature russe, puisque la Russie en était l'invitée d'honneur. Ludmila Oulitskaïa était présente le dimanche pour une séance de signature. Elle échangeait avec les lecteurs et visiteurs admiratifs de son œuvre, installée sur le Pavillon russe, discrète et patiente ; à quelques mètres de là, sur un stand voisin, le remuant Zakhar Prilepine suscitait toutes les curiosités, avec ses gardes du corps et son sillage sulfureux. Loin du tumulte, nous avons eu l'occasion de rencontrer Ludmila lors d'une soirée à l'Eglise Saint-Serge le lendemain soir, à l'initiative de l'ACER-MJO. Nous lui avons dema

Un 18 mars de funeste mémoire

Aujourd’hui la Russie a réélu son président, qui vraisemblablement, à l'image de Xi Jinping il y a dix jours, ne semble plus vouloir céder sa place à quiconque. La date de ce scrutin n'a pas été choisie au hasard pour qui se souvient du sort de la Crimée en 2014. Depuis quatre ans que cette région ukrainienne a été annexée par la Fédération de Russie, malgré l’indignation de la communauté internationale, on compte des milliers de personnes déplacées, forcées de quitter leur domicile, des activistes et des dissidents emprisonnés pour s’être opposés à l’annexion de la péninsule, des vies brisées. Pour Oleg Sentsov, Oleksandr Koltchenko, Rechat Akhmetov, Seiran Zinedinov et beaucoup d’autres ac

Que viva Guerrero !

Au Mexique, les traditions ont la vie dure. La fête des morts est toujours de vigueur — les assassinats impunis aussi. On continue également, bien après Diego Rivera, de peindre des fresques sur les murs. Depuis la révolution mexicaine de 1910, les styles ont évolué. Mais on reconnaît sans peine ce mélange de fantastique, de macabre et de détresse populaire dans la nouvelle peinture exécutée à Iguala, la capitale du Guerrero, l’un des Etats les plus pauvres du pays, où le trafic de drogue fait des ravages. C’est Xitlali Miranda qui est à l’initiative de ce renouveau du muralisme. Psychologue scolaire, elle a entrepris, après la disparition, à Iguala, des quarante-trois étudiants de l’Univers

Maroc : que se passe-t-il dans le Rif ?

Au Maroc, la répression contre le mouvement social du Hirak, dans le Rif, n'en finit pas et les procès contre les manifestants continuent. Dans le même temps, la population de Al Hoceïma, au Nord du pays, vit sous le joug policier. A l'automne 2016, Mohcine Fikri, un vendeur de poisson de la ville de Al Hoceïma se fait confisquer sa marchandise. Alors qu'il tente de la récupérer dans le camion benne dans laquelle elle a été jetée, il trouve la mort broyé par la machine. Une scène terrifiante, filmée par la foule qui entoure le camion. Cet événement marque le début du Hirak, ("la mouvance") mouvement de contestation populaire de la région septentrionale du Rif. "Cette mort a été l'élément dé

Chine : quand Orwell et Winnie-the-Pooh sont mis à l'index

Avez-vous lu 1984 ou La ferme des animaux du même Orwell ? Le gouvernement chinois ne plaisante pas avec la satire sociale, fût-elle œuvre de fiction. Pis, il s’attaque désormais à sa propre langue (on vous explique comment ci-dessous) et bannit certains mots et expressions jugés “dissidents” car ils porteraient atteinte à l’honneur du pays, c’est-à-dire du régime. Cette censure touche les algorithmes de recherche et le réseau social le plus populaire du pays - Weibo - qui compte 50 millions d’utilisateurs. Des mots comme "Immortalité", "dirigeant incompétent”, "je m'oppose" ou encore “Disney” et “Winnie l’ourson”, dont l’expression a été largement utilisée pour se moquer de Xi Jinping dès 2

© 2017 Tous droits réservés pour les contenus publiés, sauf mention contraire

SUIVEZ-NOUS SUR
  • Facebook Social Icon
  • Twitter Social Icon
  • YouTube Social  Icon