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Que viva Guerrero !

March 17, 2018

Au Mexique, les traditions ont la vie dure. La fête des morts est toujours de vigueur — les assassinats impunis aussi. On continue également, bien après Diego Rivera, de peindre des fresques sur les murs. Depuis la révolution mexicaine de 1910, les styles ont évolué. Mais on reconnaît sans peine ce mélange de fantastique, de macabre et de détresse populaire dans la nouvelle peinture exécutée à Iguala, la capitale du Guerrero, l’un des Etats les plus pauvres du pays, où le trafic de drogue fait des ravages.

 

C’est Xitlali Miranda qui est à l’initiative de ce renouveau du muralisme. Psychologue scolaire, elle a entrepris, après la disparition, à Iguala, des quarante-trois étudiants de l’Université agraire d’Ayotzinapa en septembre 2014, de partir à la recherche des disparus du trafic de drogue. Avec d’autres volontaires, elle a arpenté, durant ses week-ends, les montagnes alentour, afin de repérer les restes des victimes, personnes enlevées pour des raisons diverses, tuées, enterrées à la va-vite, et aussitôt oubliées par les pouvoirs publics.

 

Xitlali, que nous avons reçue en France en mars et en septembre 2016, a rassemblé les fonds nécessaires et trouvé des artistes pour faire naître cette œuvre qui vient d’être dévoilée. On y devine les symboles des mafias qui déciment les familles, mais aussi ceux des chercheurs de disparus, des jeunes, des paysans. Les quarante-trois croix sur le masque, typique du Guerrero, représentent les étudiants enlevés et jamais retrouvés. Mais c’est à chacun d’entre nous, finalement, de lire et d’interpréter les acteurs de cette violence quotidienne, qui n’a fait que s’aggraver sous la présidence d’Enrique Peña Nieto (2012-Juillet 2018).

 

La dissidence, bien souvent, passe par l’art et la création. Saluons cette œuvre qui aide à ne pas oublier les crimes impunis, ni les familles inconsolées des disparus.

 

 Xitlali a posté sur sa page Facebook une vidéo décrivant (en espagnol)  les différents éléments et symboles représentés sur cette fresque, à découvrir ici.

 

 

 

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